Au pays des hommes intègres, Yaya Ouattara fait figure de véritable virtuose des percussions. C'est à Bolomakoté, authentique carrefour culturel de l'ancienne cité royale Bobo-Dioulasso, située aux confins de ce que l'on appelait autrefois la Haute-Volta, qu'est née sa musique. Encouragé par les paroles des griots et les conseils des chefs de village, Yaya Ouattara est initié très jeune à cette musique traditionnelle issue de la région des Dioulas. Une musique qui accompagne tous les évènements de la vie sociale, du baptême aux cérémonies de funérailles. C'est par elle que s'expriment les fondements du savoir-vivre traditionnel, en relation avec les forces qui président aux destinées de la vie africaine.
C'est en 1990, à seulement 19 ans, qu'il se voit propulsé sur la scène internationale, intégré par la famille Farafina. Dès lors les concerts et les expériences musicales se succèdent à un rythme endiablé : une tournée Womad, un album produit par RealWorld dans les studios de Peter Gabriel, sous la houlette de producteurs aussi compétents que stupéfaits de tant de force et de beauté, Billy Cobham et Daniel Lanois, une création avec l'instrumentarium monumental de Robert Hébrard présentée à Grenoble en 1994 lors du festival 38e Rugissants, une autre création présentée l'année suivante lors du Montreux Jazz Festival, en compagnie d'un quintet de jazz emmené par Malcolm Braff et formé entre autres de Paolo Fresu à la trompette et Djamel Ben Yelles, le violoniste virtuose de la musique raï. S’ensuivent de multiples collaborations, notamment sur la scène jazz, avec des musiciens ou formations tels que Malcolm Braff, Erik Truffaz, Karim Ziad, Minino Garay, l’Art Ensemble Of Chicago, Mahmoud Guinea, Julien Loureau, pour ne citer qu’eux.
Fort de toutes ses expériences, Yaya crée en 2002 sa propre formation : le « Yaya Ouattara Duba Dew ». Réinventées par les rencontres avec la modernité, les influences mandingues, les mélodies des peuples du Niger et du Mali, les chants et les tambours du Ghana et du Bénin, les légendes de la cité de Kong sont aussi fondues dans l'or de Yaya Ouattara, magicien-percussionniste, dont la musique est le reflet de son âme: une vision du monde faite d'un mélange précieux de cultures et de sensibilités.


SELECTION DISCOGRAPHIQUE
FASO DENOU, Farafina, RealWorld EMI, 1993
NEMAKO, Farafina, Intuition, 1997
TOGETHER, Malcolm Braff COMBO, Blue Note EMI, 1999
THE PREACHER, Malcolm Braff COMBO, Blue Note EMI, 2000
A paraître : YELE, en trio avec Malcolm Braff (p) et Alex Blake (b)